Par Raoul de Varax
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Après divers travaux de traduction, ma passion pour la littérature m’a orienté vers l’écriture de ce roman. Le choix de la forme du polar s’est tout de suite imposé à moi, non seulement parce que je suis féru des grands classiques de ce genre, mais j’ai aussi jugé que cela pourrait être un moyen efficace de toucher un plus large lectorat.
Pour que le roman ne se confine pas à la seule intrigue policière, j’ai souhaité qu’il s’exprime à travers la psychologie de ses personnages confrontés à deux tragiques événements. Chez certains cela provoquera le bouleversement de leur vie, pour d’autres cela suscitera un intérêt qui va devenir une vraie passion, et jusqu’à l’obsession, mais les amènera aussi à changer leur regard sur le monde.
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L'auteur est né à Lyon en 1947. Quoiqu'étant scientifique de formation et ayant exercé une profession de chimiste, de ses études secondaires il avait gardé une grande attirance pour le littéraire. Sa passion pour la littérature allemande, et notamment ses poètes, le conduisit à traduire de grands auteurs tels que Hölderlin, Novalis, Rilke, Mörike, Trakl. Ses traductions ont fait l’objet de diverses publications.

Déjà avec son titre, le roman introduit le thème de la chasse, qui est une bonne illustration de cette violence qui règne au sein du monde animal comme souvent elle sévit dans les familles et des sociétés humaines. Nimrod incarne pleinement la domination exercée par les puissants, le plus souvent des hommes, qui avant tout se présentent comme des conquérants. Le roman apparaît de prime abord comme une chasse à l’homme, le prétexte étant fourni par deux enquêtes criminelles conjointes. Mais au fur à mesure de son déroulement, le roman évolue pour devenir une belle et touchante histoire d‘amour.
Afin de répondre aux objectifs qu’il s’était fixés pour son roman, l’auteur s’est efforcé de lui donner une tournure très psychologique. L’action se situe dans un environnement à multiples facettes, au sein d’un microcosme, à savoir une petite ville de province. Sa structure est construite de telle sorte que les péripéties appréhendent de l’intérieur de la conscience ou bien seront racontées par les protagonistes eux-mêmes. D’où l’importance accordée aux dialogues entre les personnages, tout comme à leurs cogitations. C’est ainsi qu’ils exprimeront leur ressenti, qu’ils soient les criminels, ou ceux qui les traquent, ou de simples spectateurs avides de curiosité.
Dans la conception de son livre, l’auteur a délibérément fait le choix du retour à la forme du roman traditionnel : dans le récit et l’enchaînement de ses parties, il a voulu chercher avant tout la clarté et la sobriété. Cela va peut-être créer un petit effet de nouveauté. Mais il pense que le lecteur pourrait être sensible à cette manière de développer la thématique du roman.

« Une fois les courses terminées, vous avez dû regagner aussitôt le château, n’est-ce pas ? Et à votre retour, comme je me l’imagine, vous avez eu ce choc terrible de découvrir le corps sans vie de votre mari. »
« Terrible, vous pouvez bien le dire, mais en réalité, ce ne fut pas tout de suite. D’ailleurs, quand je suis arrivée, tout le château était plongé dans un profond silence. Aussi, j’ai d’abord pensé que mon mari n’était pas encore revenu de la chasse. Ce ne fut qu’un peu plus tard, quand je suis montée à l’étage, car je voulais aller prendre un grand vase de faïence sur le dernier palier de l’escalier de la vieille tour (c’est là que nous avons l’habitude d’entreposer une partie de nos vases à fleurs). J’étais en train d’en choisir un pour une petite décoration florale, en prévision du déjeuner que nous donnerions, le lendemain. A un moment, je me suis penchée au-dessus de la rampe, c’est alors que je l’ai aperçu tout en bas de la cage d’escalier : étendu sur le dos au milieu d’une grande flaque de sang. Horrifiée, j’étouffe un cri et me précipite dans l’escalier. Une fois sur place, je m’agenouille et lui prends le bras. Il est complètement inerte et presque déjà raide. Et je ne sens même plus son pouls.
« Était-il déjà mort ? » l’interrompit le commissaire.
« Je ne peux pas le dire, une chose en tout cas était sûre, il ne montrait pas le moindre signe de vie. Il ne me resta plus qu’à appeler les secours. Un médecin des urgences est aussitôt venu. Il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour réaliser qu’on ne pouvait plus rien faire pour Hubert. En retournant son corps, il remarqua sur l’autre côté de la veste un autre trou assez gros, non loin de la place du cœur. Une balle avait traversé de part en part le thorax. Elle devait provenir de la carabine de mon mari, car celle-ci gisait à ses pieds.»
« Cela m’aurait aussi paru crédible ! » l’interrompit le commissaire, « mais encore fallait-il s’en assurer. »
« Bien entendu, et je vais là-dessus vous répondre : le médecin a découvert tout près du corps une douille qui avait la même couleur et le même calibre que les balles de la cartouchière. »
« Et ensuite, qu’avez-vous fait ? »
« Comme vous pouvez l’imaginer, j’étais dans un grand état de choc, et totalement incapable de prendre une décision. Je fixais d’un regard hébété le cadavre de mon mari. Heureusement, le médecin est venu à mon aide. Il me laissa comprendre qu’il n’y avait rien d’autre à faire sinon d’appeler la gendarmerie et la laisser gérer la situation. »

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