Par Mattéo Burgevin
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Et si le temps n’était pas une ligne, mais un tissu fragile prêt à se déchirer ?
À travers Les Brèches du Temps, je vous invite dans un thriller de science-fiction où les découvertes scientifiques côtoient les émotions les plus profondes. Entre voyages temporels, secrets enfouis et choix impossibles, ce roman explore une question universelle :
jusqu’où serions-nous prêts à aller pour sauver ceux que nous aimons ?
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Je m'appelle Mattéo Burgevin, j'ai 18 ans et j’aime beaucoup ce qui se rapporte à la science-fiction plus précisément le rapport aux temps. La fragilité du temps et ses paradoxes sont pour moi des questions importantes à explorer, et j'aime imaginer les conséquences que pourraient avoir ses défaillances sur notre réalité. Les Brèches du Temps, mon premier roman, est né de l'imagination d'un enfant qui ne connaissait alors que peu de choses, mais qui se posait déjà beaucoup de questions.

Les Brèches du Temps est un roman de science-fiction mêlant suspense, voyage temporel et réflexion philosophique. L’histoire suit Kaïn Dreyer, directeur d’un laboratoire de physique temporelle, confronté à l’apparition d’une mystérieuse voyageuse venue du futur. Celle-ci l’avertit qu’une catastrophe temporelle menace l’humanité entière.
Au cœur du récit se trouve un dilemme profondément humain : peut-on risquer l’équilibre du monde pour sauver un être cher ? À mesure que les lignes temporelles s’entremêlent, les personnages doivent affronter les conséquences de leurs choix, leurs regrets et leurs espoirs.
Inspiré des grands récits de science-fiction moderne, le roman s’adresse aux lecteurs qui aiment les intrigues intelligentes, les mystères scientifiques et les histoires où l’émotion occupe une place aussi importante que l’action.
CHAPITRE 1
L'Anomalie du Laboratoire
Le détecteur sonna à 3h17 du matin. Kaïn Dreyer ne dormait pas. Il n'avait pas dormi depuis quarante-deux heures, absorbé par les lectures de l'oscillateur quantique que son équipe avait mis dix ans à construire. Dans la lumière froide des écrans, son visage portait les marques de cette veille : des cernes profonds sous des yeux gris clairs, une barbe de trois jours qui grisonnait aux tempes, une tasse de café oubliée et refroidie près de son coude gauche. L'alarme n'était pas forte. C'était un tintement discret, le genre de signal que les ingénieurs avaient programmé pour ne pas paniquer le personnel de nuit. Mais Kaïn connaissait chaque son de ce laboratoire comme un musicien connaît les notes de son instrument. Ce tintement-là, il ne l'avait jamais entendu. Il se leva lentement, repoussa sa chaise, et marcha vers le panneau de contrôle principal. Sur l'écran central, une ligne de données clignotait en rouge : FLUCTUATION TEMPORELLE LOCALE — NIVEAU 4 — SECTEUR B-7. Kaïn resta immobile pendant cinq secondes complètes. Dans son esprit, les implications se déployaient à une vitesse vertigineuse. Un niveau 4 signifiait une déviation de la constante temporelle de plus de 0,003 %. En théorie, c'était impossible. En pratique, c'était la preuve que quelque chose venait de se produire que la physique telle qu'il la connaissait ne pouvait pas expliquer. Il attrapa son badge d'accès et sortit dans le couloir. Le Laboratoire de Physique Temporelle Appliquée, le LPTA, comme tout le monde l'appelait, était logé dans les sous-sols du complexe Voss à Zürich, à quarante mètres sous la surface. Construit en 2031 sous l'égide de la Fondation Elara Voss, en hommage à la physicienne disparue dont les travaux théoriques avaient rendu tout cela possible, le LPTA était la structure scientifique la plus secrète et la plus avancée au monde. Ses murs de béton épais de deux mètres absorbaient les vibrations. Ses générateurs propres l'alimentaient indépendamment du réseau public.
Ses trois cents chercheurs, ingénieurs et techniciens avaient tous signé des accords de confidentialité dont la violation entraînait des conséquences qui dépassaient largement le domaine juridique ordinaire. Kaïn Dreyer en était le directeur scientifique depuis six ans. Et en six ans, jamais rien de tel n'était arrivé. Le secteur B-7 était situé à l'extrémité nord du niveau -3. C'était là que se trouvait la chambre d'expérimentation principale, un espace circulaire de vingt mètres de diamètre entièrement recouvert de plaques d'alliage spécial qui absorbaient les émissions résiduelles. Au centre de cette chambre trônait l'Oscillateur, une structure de huit tonnes de métal et de cristaux synthétiques, reliée à des câbles et des tuyaux qui couraient comme des veines dans les murs du laboratoire. Ce soir-là, personne n'était censé être dans cette chambre. L'expérience du jour s'était terminée à 22h00. Les techniciens avaient fermé les vannes, éteint les émetteurs secondaires, et verrouillé la salle. Le protocole était clair : aucun accès non autorisé entre 22h00 et 7h00. Pourtant, en approchant du secteur B-7, Kaïn remarqua que la porte était entrouverte. Il s'arrêta net. Son pouls s'accéléra légèrement, signe que son corps avait enregistré la menace avant que son cerveau conscient ne la formule. Il regarda autour de lui : le couloir était désert, les lumières à économie d'énergie projetaient des cercles de lumière dorée sur le sol de béton poli. Aucun bruit. Aucune présence humaine visible. Il poussa la porte.
La chambre était plongée dans une semi-obscurité. Les lumières d'urgence baignaient l'Oscillateur d'une lueur orangée, et dans cet éclairage bizarre, Kaïn vit quelque chose qui lui coupa le souffle. Au centre de la pièce, à deux mètres de l'Oscillateur, se tenait une femme. Elle lui tournait le dos. Ses cheveux noirs descendaient jusqu'à sa nuque, coupés court de façon angulaire. Elle portait des vêtements qu'il ne reconnut pas, pas des vêtements de laboratoire, pas un uniforme, mais quelque chose d'inhabituel, presque anachronique : une veste grise à col haut, un pantalon sombre, des chaussures dont la semelle semblait faite d'un matériau qu'il ne pouvait pas identifier depuis sa position.
"Qui êtes-vous ?" dit-il. Sa voix résonna dans la chambre vide. La femme se retourna lentement. Elle avait une trentaine d'années, avec des traits précis et anguleux, des yeux sombres qui ne trahissaient aucune surprise. Elle le regarda comme si elle le connaissait depuis longtemps. Comme si c'était lui, et non elle, l'intrus.

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